Pourquoi classer les entreprises par secteur ?
Comparer une banque à un fabricant de ciment n'a guère de sens : leurs modèles économiques, leurs marges et leurs risques diffèrent profondément. Les classifications sectorielles regroupent les sociétés cotées selon leur activité principale. Elles servent à comparer des entreprises similaires, à construire des indices sectoriels, à mesurer la diversification d'un portefeuille et à analyser la rotation des capitaux d'un secteur à l'autre selon le cycle économique.
Deux standards dominent le monde financier : le GICS, utilisé notamment aux États-Unis, et l'ICB, très répandu en Europe. La BRVM dispose en complément de sa propre nomenclature sectorielle, adaptée à la structure de son marché.
Le GICS
Le Global Industry Classification Standard a été créé en 1999 par MSCI et S&P Dow Jones Indices. Il comporte quatre niveaux emboîtés : 11 secteurs, puis des groupes d'industries, des industries et des sous-industries, au nombre de plus de 150.
Les 11 secteurs GICS sont :
La classification est révisée périodiquement pour suivre l'évolution de l'économie mondiale, par exemple avec la création du secteur immobilier en 2016 ou la transformation des télécommunications en services de communication en 2018.
- Énergie
- Matériaux
- Industrie
- Consommation discrétionnaire
- Biens de consommation de base
- Santé
- Finance
- Technologies de l'information
- Services de communication
- Services aux collectivités
- Immobilier
L'ICB
L'Industry Classification Benchmark a été lancé en 2005 par Dow Jones et FTSE, et il appartient aujourd'hui à FTSE Russell. Depuis sa refonte de 2019, l'ICB comporte quatre niveaux : 11 industries, environ 20 super-secteurs, environ 45 secteurs et plus de 170 sous-secteurs.
Les 11 industries ICB sont proches, sans être identiques, des secteurs GICS : technologie, télécommunications, santé, finance, immobilier, consommation discrétionnaire, biens de consommation de base, industrie, matériaux de base, énergie et services aux collectivités.
Différences pratiques entre les deux
Les deux systèmes peuvent classer la même entreprise différemment. Un groupe de télécommunications intégrant des services numériques peut relever de la technologie chez l'un et des télécommunications chez l'autre. Pour comparer des statistiques sectorielles, il faut donc toujours vérifier quelle classification est utilisée.
Secteurs cycliques et défensifs
Au-delà de la nomenclature, les investisseurs regroupent souvent les secteurs selon leur sensibilité à la conjoncture.
Cette lecture aide à comprendre pourquoi certains secteurs progressent pendant que d'autres reculent. On parle de rotation sectorielle lorsque les investisseurs déplacent leurs capitaux d'un groupe à l'autre au gré des anticipations économiques régionales.
- Secteurs cycliques : leurs résultats suivent fortement le cycle économique. Construction, matériaux, industrie et transport en sont des exemples, y compris dans l'espace UEMOA.
- Secteurs défensifs : la demande reste relativement stable en période de ralentissement. Alimentation et boissons, comme Solibra ou Nestlé Côte d'Ivoire, produits d'hygiène et santé sont typiquement cités.
- Secteurs sensibles aux taux : banques, comme la SGBCI, Ecobank Côte d'Ivoire ou le groupe BOA, réagissent aux conditions de financement et aux orientations de la BCEAO.
L'usage dans l'analyse financière
Les analystes comparent les sociétés au sein d'un même secteur à l'aide de ratios adaptés. Pour une banque, ils examineront le coefficient d'exploitation, le coût du risque et la rentabilité des fonds propres ; pour un industriel ou un opérateur télécom comme Sonatel ou Orange Côte d'Ivoire, la marge opérationnelle et l'intensité capitalistique. Un ratio cours sur bénéfices jugé élevé dans un secteur peut être normal dans un autre.
La diversification sectorielle
Un portefeuille peut paraître diversifié avec plusieurs lignes et pourtant être concentré sur un seul secteur. Regrouper ses positions selon la classification sectorielle permet de mesurer cette exposition. L'indice BRVM Composite lui-même est marqué par le poids des télécommunications et des banques, qui représentent une large part de la capitalisation totale de la cote régionale.
Le cas de la BRVM
La BRVM classe ses sociétés cotées selon une nomenclature propre, qui distingue notamment les télécommunications, les services financiers, la consommation de base, la consommation discrétionnaire, l'industrie, l'énergie et les services publics. Cette nomenclature a été révisée en 2023 pour se rapprocher des standards internationaux. Le marché régional comprend aussi des indices sectoriels BRVM dédiés à ces grands regroupements, ainsi que des indices de sélection comme le BRVM 30, réservé aux valeurs les plus actives, et le BRVM Prestige, qui retient des critères de gouvernance et de liquidité renforcés. La page Marchés de CFI-FINANCE permet de consulter les valeurs par secteur, de même que les analyses publiées par Sika Finance et CGF Bourse. Les investisseurs suivent aussi régulièrement les publications officielles de la BRVM et les commentaires de marché disponibles sur Sika Finance pour actualiser cette lecture sectorielle au fil des publications de résultats.
Ce qu'il faut retenir
GICS et ICB offrent une grille de lecture commune de l'économie cotée mondiale, tandis que la nomenclature de la BRVM adapte cette logique à la structure du marché régional. Utilisez-les pour comparer des sociétés comparables, mesurer la concentration de votre portefeuille et comprendre la sensibilité de vos placements au cycle économique, en vérifiant toujours le référentiel employé.
Ce guide présente des notions générales à visée pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement.
