À quoi sert un ordre stop ?
Un ordre stop est un ordre conditionnel : il ne devient actif que lorsque le cours atteint un niveau prédéfini. Il permet en principe d'automatiser une décision de vente, sans avoir à surveiller le marché en permanence. Son usage le plus courant est la protection : sortir d'une position si elle évolue défavorablement, pour éviter qu'une perte modérée ne devienne une perte importante. Il peut aussi servir à protéger un gain acquis sur un titre coté à la BRVM.
Sur le marché régional de l'UEMOA, la disponibilité technique des ordres stop dépend directement du système de négociation utilisé et des services proposés par chaque société de gestion et d'intermédiation (SGI). Avant d'envisager cette technique, il est indispensable de vérifier auprès de sa SGI si ce type d'ordre est proposé, sous quelle forme, et selon quelles modalités d'exécution.
Le principe du stop loss classique
Le stop loss, ou ordre de vente à seuil de déclenchement, est conçu pour se déclencher lorsque le cours touche ou franchit à la baisse le seuil fixé par l'investisseur. Il se transforme alors en ordre destiné à être exécuté au meilleur prix disponible sur le marché.
Exemple théorique : un investisseur achète une action à un certain cours et décide de ne pas accepter une perte supérieure à 10 %. Il souhaiterait placer un stop loss à ce niveau. Si le cours atteint ce seuil, l'ordre serait transmis au marché et les titres vendus.
- Avantage recherché : limiter une perte sans avoir à surveiller le cours en continu.
- Limite importante à la BRVM : sur un marché où certaines valeurs échangent des volumes limités chaque séance, un ordre déclenché peut s'exécuter à un prix sensiblement éloigné du seuil visé, faute de contrepartie suffisante à ce niveau précis. On parle de glissement, ou slippage, un risque accentué par une liquidité plus faible que sur de grandes places internationales.
Pourquoi la faible liquidité change la donne
La liquidité désigne la facilité à acheter ou vendre un titre rapidement sans faire varier fortement son prix. Sur plusieurs valeurs de la BRVM, le nombre de titres échangés chaque jour peut rester modeste, en dehors de quelques sociétés très suivies comme SONATEL. Dans ce contexte, un ordre stop transformé en ordre au marché risque de s'exécuter très en dessous du seuil souhaité, car il n'existe pas toujours suffisamment de contreparties au prix visé.
C'est pourquoi, avant d'utiliser un ordre stop sur une valeur de la BRVM, il est essentiel de vérifier la liquidité habituelle du titre, par exemple en observant le carnet d'ordres et les volumes des séances précédentes, disponibles auprès de sa SGI.
Les alternatives à envisager
Si les ordres stop automatisés ne sont pas disponibles chez sa SGI, ou si la liquidité d'un titre rend leur usage risqué, plusieurs alternatives existent.
- La surveillance manuelle régulière des cours, en se fixant par avance un seuil de vente mental et en passant un ordre à cours limité lorsque ce seuil est atteint.
- L'ordre à cours limité classique, qui garantit un prix minimal de vente, au risque de ne pas être exécuté si le marché s'éloigne rapidement de ce prix.
- La définition d'un montant de perte acceptable avant l'achat, qui permet de dimensionner la position plutôt que de compter uniquement sur un mécanisme automatique de sortie.
- Le recours à un FCP diversifié plutôt qu'à des lignes individuelles, pour des investisseurs qui ne souhaitent pas suivre quotidiennement une valeur précise.
Le stop suiveur, une technique à vérifier au cas par cas
Le stop suiveur, dont le seuil remonte automatiquement lorsque le cours progresse, en maintenant un écart fixe, est un service parfois proposé par certains intermédiaires sur d'autres marchés, mais sa disponibilité à la BRVM dépend entièrement de l'offre technique de chaque SGI. Avant d'en envisager l'usage, il convient de demander explicitement à sa SGI si ce type de service existe, à quelles conditions, et avec quelle garantie d'exécution compte tenu de la liquidité des titres concernés.
Où placer un seuil de sortie, en théorie
Si un mécanisme de stop est disponible, le placement du seuil reste l'élément le plus délicat. Trop proche, il risque d'être déclenché par les fluctuations normales du titre. Trop éloigné, il ne protège plus vraiment la position. Plusieurs approches peuvent guider la réflexion, à adapter à la volatilité propre de chaque valeur de la BRVM :
- un pourcentage fixe sous le prix d'achat, simple mais peu sensible aux caractéristiques du titre ;
- un seuil situé juste sous un support identifié sur le graphique du titre, c'est-à-dire un niveau où les baisses précédentes se sont arrêtées ;
- une perte maximale acceptée en francs CFA sur la ligne, à partir de laquelle on déduit le seuil et la taille de la position.
Les pièges à éviter
- Placer un stop sur une valeur peu liquide sans avoir vérifié les volumes récents : l'exécution peut se faire à un prix très défavorable.
- Déplacer son seuil vers le bas pour éviter qu'il soit atteint, ce qui annule la discipline qu'il est censé imposer.
- Oublier les opérations sur titres, comme le détachement d'un dividende, qui fait baisser mécaniquement le cours et peut perturber un ordre en attente.
- Considérer un ordre stop comme une protection absolue : il réduit le risque, il ne l'élimine jamais complètement, surtout sur un marché à liquidité variable.
Le stop et l'investissement de long terme
Pour un portefeuille diversifié de long terme, notamment investi via des FCP régionaux, l'usage systématique d'ordres stop automatiques est discutable : il peut faire sortir l'investisseur lors d'une baisse temporaire et lui faire manquer la reprise ultérieure. Ces mécanismes, lorsqu'ils sont disponibles, sont surtout envisagés pour des positions individuelles suivies de près, et non pour une épargne de long terme diversifiée.
Ce qu'il faut retenir
À la BRVM, la disponibilité des ordres stop dépend de chaque SGI et la liquidité parfois limitée de certaines valeurs peut rendre leur exécution imprécise. Avant de s'appuyer sur cette technique, vérifiez son existence auprès de votre intermédiaire, évaluez la liquidité du titre concerné et envisagez des alternatives comme la surveillance manuelle ou l'ordre à cours limité.
Ce guide présente des notions générales à visée pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement.
