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Blog CFI-FINANCE

Pourquoi la BRVM n'a pas de SRD : achat à crédit, levier et alternatives

La BRVM ne propose pas de service de règlement différé ni de technique de report permettant de prolonger une position à crédit. Ce guide explique pourquoi ce choix a été fait pour le marché régional et quelles alternatives existent pour un investisseur qui souhaite utiliser un effet de levier.

Lecture : 4 minutesGuide BRVM CFI-FINANCE — éducation financière

Un marché sans effet de levier pour les particuliers

Sur certaines places financières historiques, un investisseur particulier peut, via un service de règlement différé, acheter des actions en ne mobilisant qu'une fraction du montant total, le solde étant financé à crédit par son intermédiaire moyennant des frais. Une technique dite de report permettait même, sur ces marchés, de prolonger une position d'un mois sur l'autre en payant un intérêt. Rien de tel n'existe à la BRVM : tous les ordres des particuliers s'exécutent au comptant, sans possibilité de financer un achat ou une vente à crédit par l'intermédiaire d'une SGI.

Ce choix structurel du marché régional de l'UEMOA limite mécaniquement la prise de risque excessive par les investisseurs non professionnels, mais il prive aussi ceux qui le souhaiteraient d'un outil permettant d'amplifier une conviction d'investissement avec des moyens limités.

Pourquoi un tel dispositif n'a pas été développé

Plusieurs raisons expliquent l'absence d'un mécanisme de type règlement différé ou report sur la BRVM. D'abord, la liquidité du marché, bien qu'en développement depuis la création de la bourse en 1996 et le début des cotations en 1998, reste concentrée sur un nombre restreint de valeurs très suivies, comme SONATEL, Orange Côte d'Ivoire ou SGBCI, ce qui rend plus délicate la gestion du risque de contrepartie qu'impliquerait un financement à crédit généralisé. Ensuite, la régulation du marché, assurée par l'Autorité des Marchés Financiers de l'Union Monétaire Ouest Africaine (AMF-UMOA), a privilégié une approche prudente, cohérente avec l'objectif de protection de l'épargne des investisseurs particuliers de la région, souvent peu familiers avec les mécanismes de levier.

Enfin, le développement d'un service de financement à crédit suppose une infrastructure de gestion des garanties et des appels de marge sophistiquée, que les acteurs du marché régional n'ont pas jugé prioritaire de mettre en place à ce stade du développement de la BRVM.

Ce que cela change pour l'investisseur

L'absence de règlement différé et de technique de report a des conséquences concrètes pour qui investit à la BRVM :

Cette absence de levier réduit certes les gains potentiels en cas de hausse d'un titre, mais elle limite aussi les pertes possibles en cas de baisse, ce qui en fait, pour beaucoup d'observateurs, un choix adapté à un marché encore en construction comme celui de l'UEMOA.

  • il n'est pas possible d'acheter des actions pour un montant supérieur aux liquidités disponibles sur son compte-espèces ;
  • il n'est pas possible de vendre des titres que l'on ne détient pas, la vente à découvert n'étant pas autorisée pour les particuliers sur le marché régional ;
  • toute exposition à une valeur de la cote doit donc être financée intégralement par l'épargne propre de l'investisseur, ou le cas échéant par un crédit bancaire classique souscrit en dehors du circuit boursier.

Les alternatives pour obtenir une exposition plus importante

Un investisseur qui souhaite néanmoins s'exposer davantage à une valeur ou à un secteur coté à la BRVM dispose de quelques pistes, en dehors de tout mécanisme de financement par sa SGI :

  • épargner régulièrement pour augmenter progressivement ses liquidités disponibles avant d'investir ;
  • diversifier son portefeuille entre plusieurs valeurs de différents pays de l'UEMOA plutôt que de concentrer son exposition sur un seul titre ;
  • se renseigner, le cas échéant, sur l'existence de produits collectifs, comme certains fonds communs de placement proposés par des sociétés de gestion de la région, qui permettent une exposition diversifiée sans recourir à l'endettement.

Comparaison avec d'autres marchés

Sur d'autres places financières, notamment en Europe ou aux États-Unis, des mécanismes de financement sur marge ou de règlement différé existent depuis longtemps pour les investisseurs particuliers, encadrés par des règles strictes de dépôt de garantie. Ces outils, qui permettent d'amplifier les gains comme les pertes, ne sont pas disponibles à la BRVM, ce qui distingue nettement le profil de risque accessible aux particuliers sur le marché régional de celui observé sur des marchés plus matures et plus liquides.

Ce qu'il faut retenir

La BRVM ne propose ni règlement différé ni technique de report pour les particuliers : chaque opération se règle au comptant, ce qui exclut tout recours à l'effet de levier via le circuit boursier. Ce choix, cohérent avec la taille et la liquidité actuelles du marché régional ainsi qu'avec la volonté de protection de l'épargne portée par l'AMF-UMOA, invite les investisseurs à privilégier une approche prudente, fondée sur l'épargne propre et la diversification, plutôt que sur l'endettement.

Un choix cohérent avec la maturité du marché régional

À mesure que la liquidité de la BRVM se renforcera et que de nouvelles sociétés rejoindront la cote, il n'est pas exclu que des réflexions soient menées à l'avenir sur l'opportunité d'introduire des mécanismes de financement plus sophistiqués pour les investisseurs avertis. À ce jour toutefois, l'approche prudente retenue par les autorités régionales, fondée sur le règlement au comptant, reste la règle pour l'ensemble des particuliers opérant sur le marché de l'UEMOA, et il convient de composer avec ce cadre plutôt que de chercher des substituts informels au crédit boursier.

Ce guide présente des notions générales à visée pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement.

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Article publié par la rédaction CFI-FINANCE. Contenu pédagogique — ne constitue pas un conseil en investissement.